Vrombr, un jeu de voiture en réalité distante

Porté par un ancien de Parrot, Vrombr pourrait être le premier jeu vidéo où l’on pilote de véritables véhicules grâce à son smartphone.

C’est un jeu de course pas tout à fait comme les autres. Surprenant, au point qu’il est difficile de le qualifier de « jeu vidéo », même si techniquement, c’en est un. Car « Vrombr » est un concept nouveau et ambitieux, que ses inventeurs qualifient de « remote reality », ou, en bon français, « réalité distante ».

L’idée ? Participer, avec son smartphone, à des courses de véritables voitures radiocommandées à distance, sur des circuits ressemblant à des pistes de kart. Chaque véhicule dispose d’une caméra, qui simule la vue du conducteur. Ils sont par ailleurs connectés en Wi-Fi à une borne, elle-même reliée à Internet.
Ce flux vidéo est envoyé sur le smartphone du joueur, qui peut manipuler la voiture grâce à des commandes tactiles. En somme, une vraie course, menée par des pilotes pouvant se trouver aux quatre coins du monde. La courte vidéo promotionnelle ci-dessous résume bien le concept.

« C’est un rêve d’adolescent que je veux réaliser : je rêvais d’avoir une caméra sur ma voiture télécommandée et de visiter le monde », se rappelle Michaël Pastor, CEO de la start-up Polyptik, qui travaille sur ce projet depuis deux ans avec ses deux associés.
Ce mélange entre réel et virtuel, il connaît bien. En 2010, alors qu’il travaillait chez Parrot, il avait participé au lancement de l’AR Drone, le premier drone « grand public », qui avait déjà pour ambition d’être un support de jeu vidéo en réalité augmentée.

Des mini-voitures autonomes

L’ambitieux Vrombr n’est pas encore tout à fait prêt. Une première série de tests a montré que le prototype fonctionnait. En parallèle, l’entreprise est en train de lever des fonds et vient de monter un Kickstarter pour pouvoir affronter son lancement commercial.
Ce n’est pas une mince affaire : il faut concevoir des circuits amusants et variés, trouver un lieu suffisamment grand pour héberger ces dizaines de pistes, dont la taille irait de 100 à 700 m2. « Notre objectif, c’est de proposer au lancement 46 000 places de course par jour » indique Michaël Pastor. Des courses dont la durée est prévue entre 20 secondes et 2 minutes 30 et qui devraient évidemment avoir lieu 24h/24.   Un énorme défi logistique, qui passe notamment par la mise au point de voitures capables de s’aligner automatiquement sur la ligne de départ, et de retourner sans intervention humaine à une station de recharge quand leur batterie est à plat.
« Nous avons prévu d’implémenter une technologie de géolocalisation indoor par Ultra Wideband pour automatiser le déplacement des voitures » explique Michaël Pastor. Le bon déroulement des courses sera toutefois assuré par un employé, qui supervisera cinq à six circuits simultanément.

Une bêta fermée avant un jeu « freemium »

Polyptik mise sur l’esport pour promouvoir son jeu, qui ne sera pas ouvert au grand public dans un premier temps.
« Nous débuterons par une ligue fermée d’esport et des événements ponctuels ». Cette bêta fermée sera l’occasion pour l’équipe de gagner en expérience : « on ne peut pas passer de zéro à un service qui marchera tous les jours de l’année, 24h/24. Il nous faut une étape transitoire », commente le patron de Polyptik.

Une fois ouvert à tous, le jeu suivra un modèle « freemium », classique sur mobile, qui proposera l’accès gratuit à un circuit pour débutants… et des options payantes, sous forme de crédits, pour débloquer d’autres circuits et des améliorations (vitesse, accélération, turbo…) à apporter à son véhicule.

Polyptik va effectuer une deuxième session d’essais début mai pour valider son concept. Qui pourrait à terme évoluer, en fonction des retours des testeurs : « peut-être que ce que les joueurs préfèreront se rentrer dedans plutôt que de faire la course ? On imagine aussi un mode Battle Royale avec 100 voitures dans une arène ! » Car la grande question demeure : Vrombr sera-t-il « fun » ?
Il faudra essayer pour le savoir.  Une chose est sûre en tout cas : « Ce jeu est régi par les lois de la physique, et pas par un ordinateur. Et ça, ça change tout ! » conclut Michaël Pastor.

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