Stan Lee: Un autre regard sur les super-héros

Le père de la majeure partie de la super-écurie de Marvel s’en est allé. Lundi 12 novembre, Stan Lee s’est éteint à l’âge de 95 ans à Los Angeles. Plus que des centaines de milliers de fans endeuillés, le scénariste-phare de Marvel laisse derrière lui une autre vision des super-héros qui a révolutionné le genre.

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Prenez Superman. D’accord il est incroyablement fort, et bien intégré au sein de Metropolis, mais cela reste un extra-terrestre capable de se promener tranquillou dans l’espace et dont la planète natale a explosé lorsqu’il était bébé.

Même Batman, qui est un héros sans pouvoir, est un richissime névrosé qui ne s’est jamais remis de la mort de ses parents malgré la présence d’Alfred comme figure paternelle. Vous l’aurez compris, niveau identification, c’est plus compliqué pour lecteur. Surtout si ce dernier est jeune.

Alors qu’en face, chez Marvel, on trouve un Spiderman, qui certes a obtenu ses pouvoirs en se faisant piquer par une araignée mutante, mais est obligé de garder son job de photographe au Daily Bugle pour payer ses factures. Ou Daredevil, dont la foi en la loi et la justice est constamment remise en question malgré son boulot d’avocat.

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L’humanité comme super-pouvoir

Et elle est effectivement là la différence entre les deux écuries de DC et Marvel : l’humanité des personnages. Une humanité si chère à Stan Lee qui en a fait sa marque de fabrique pour ses héros.

Même s’ils ont des super-pouvoirs, ils doivent être crédibles. Ce qu’ils font doit être ce que n’importe qu’elle personne normale ferait dans une telle situation“, confiait Stanley Martin Lieber (de son vrai nom) lors d’une interview télévisée.

Dans la première moitié des années soixante, alors que le Comic Code Authority veille au grain sur le contenu des comics et n’hésite pas à censurer sans autre forme de procès tout ce qui ne rentre pas dans sa charte, Marvel et DC Comics se rendent coup sur coup, créant des super-héros à tour de bras.

Pour toucher un public plus large, et se démarquer de la concurrence, Stan Lee imagine ainsi, avec Jack Kirby ou Steve Ditko pour ne citer qu’eux, une brochette de super-héros, de méchants et de personnages dont l’humanité rayonne finalement plus que leurs extraordinaires capacités.

Les aventures des héros de Stan Lee parlent aussi bien de combats dantesques contre des entités venues de l’espace, ou des vilains qui ne portent pas le respect de la vie humaine dans leur cœur, que de questions plus triviales comme l’acceptation de l’autre, la découverte de son corps, de sa place dans la société, des changements apportés par l’adolescence, etc.

L’autre message qu’adresse Stan Lee au lecteur via ses personnages, est que finalement, tout le monde peut-être un super-héros. Vous ne nous croyez pas ? Pourtant, la plupart des héros du scénariste américain ont acquis leur pouvoir bien après leur naissance. Les 4 Fantastiques par exemple, ont été bombardés d’ondes cosmiques. Hulk n’est qu’un Bruce Banner irradié par des rayons gamma.

Des héros extraordinaires au quotidien ordinaire

Le meilleur exemple de la patte Stan Lee est probablement les X-Men. L’école de Charles Xavier accueille la plupart des “mutants” lorsqu’ils sont enfants ou adolescents, période de leur vie pendant laquelle apparait leur pouvoir. Le parallèle avec les changements physiques et psychologiques qui surviennent à cet âge est évident et permet au lecteur de s’identifier plus facilement à leur personnage favori.

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Autre preuve de la vision humaniste de Stan Lee, c’est le rôle même de l’Institut Xavier. Elle apprend aussi bien à ses membres à contrôler leur pourvoir, qu’à prendre conscience des différences de l’autre, à les accepter et à faire en sorte que les “mutants” soient considérés comme égaux aux humains “normaux” malgré leurs capacités uniques.

Mais n’allez pas croire pour autant que Stan Lee s’est contenté de lisser ses personnages et de proposer des aventures au manichéisme exacerbé. Il s’est évertué à leur offrir un parcours complexe qui n’oublie nullement d’être crédible.
Tony Stark, industriel américain alcoolique, met ses usines au service du gouvernement américain pour concevoir des armes et ainsi lutter contre le communisme. Il ne devient Iron Man que pour échapper à ses geôliers lors de la guerre du Vietnam. Magneto, grand adversaire de Charles Xavier, est un survivant des camps de la mort nazis.

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Voilà toute la richesse de la vision de Stan Lee concernant les super-héros. Une vision qui n’a depuis, plus quitté les locaux de Marvel et qui à n’en point douter survivra à son créateur.

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