S’il était humain, il vivrait près de 600 ans. Le rat-taupe nu fascine scientifiques et plus particulièrement biologistes depuis de nombreuses années. Cet animal complètement à part recèle de nombreux mystères. Du long de ses 33 centimètres, ce rongeur pourrait bien être la réponse aux maux de notre société.

Le cancer ne l’atteint pas

Pas beau, mais incroyablement résistant

Sous son apparence disgracieuse, le rat-taupe nu est bien plus résistant qu’on ne pourrait le penser. Il vit sous terre, dans des régions arides de l’Afrique de l’est. Pour la majorité de ces animaux, la vie se résume à dormir, à manger des tubercules grâce à leurs grandes dents et à creuser des galeries pour s’y promener. Frédéric Saldmann, cardiologue et nutritionniste français est fasciné par leur résistance à toutes épreuves :

Ses artères ne vieillissent pas. Son cerveau ne vieillit pas. Quand on lui implante des tumeurs cancéreuses, même agressives, il les rejette. Quand on l’expose à des cancérigènes chimiques, rien ne se passe. D’ailleurs, son cerveau, privé d’oxygène pendant 17 minutes, redevient intact après et il n’y a aucun signe de maladie neuro-dégénérative

Les maladies, il s’en cogne

Un être humain a plus de 99% de chances de mourir un jour d’une de ces trois maladies : le cancer, Alzheimer et les maladies cardio-vasculaires. Le rat-taupe nu lui, y résiste sans le moindre effort. Si son espérance de vie est de 30 ans, cela est énorme pour un animal de ce type. « Cela correspond à environ 600 ans pour un humain » est-il précisé. Imaginez-vous vivre aussi longtemps.

Une équipe internationale de chercheurs a décrypté le génome du rongeur il y a cinq ans. Et selon eux, il a en lui un gène de longévité qui n’a toujours pas été découvert. Frédéric Saldmann explique ainsi : « J’ai très envie de regarder s’il ne sur-exprime pas des molécules dégagées par l’exercice physique, il y en a quand même 1 004 et de voir s’il n’y a pas certaines molécules hyper-protectrices qu’il sécréterait » . Le médecin cite l’exemple d’une Hollandaise morte à 112 ans, naturellement. « On a découvert qu’il y avait un épuisement des cellules souches dans sa moelle. Elle n’en avait plus que deux. C’est ce que l’on va regarder chez le rat-taupe nu »

Un animal ô combien intriguant donc.

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