Sur Twitter, Trump s’acharne contre Amazon, qui plonge en bourse. Dans le collimateur du président américain, le statut fiscal avantageux de l’entreprise qu’il a l’intention de modifier, et qui serait aussi la principale cause de la fermeture de milliers de commerces locaux.

Donald Trump Fire and Fury

Amazon, entreprise à laquelle tout semble réussir, vient de passer ses plus mauvaises heures de l’année. L’action en bourse de la société a chuté de 7 % en moins de 24 heures, correspondant à une perte de plus de 50 milliards de dollars de sa capitalisation boursière. La raison ? Un tweet très agressif du président Trump, qui laisse sous-entendre la préparation d’un dossier anti-trust à l’encontre du géant.

 

« J’ai fait part de ma position concernant Amazon bien avant l’élection. Contrairement aux autres, ils ne paient pas ou peu d’impôts aux gouvernements locaux et fédéraux, utilisent notre système postal comme leur livreur (provoquant d’énormes pertes aux Etats-Unis), et provoquent la fermeture de milliers de commerces ! »

D’après le média américain Axios, les amis de Donald Trump se plaignent de la féroce concurrence d’Amazon qui ne leur laisse aucune chance de réussir dans leurs affaires. Axios rapporte, par le biais d’une source anonyme qui se serait entretenue avec le président, qu’il « se demande à haute voix s’il n’y a pas moyen de poursuivre Amazon grâce aux lois antitrusts ou à la législation sur la concurrence »

Une guerre qui n’est pas nouvelle

Mais cette « obsession » de Trump pour Amazon n’a rien de nouveau. Trump s’était déjà attaqué aux faveurs fiscales dont bénéficie Amazon depuis 2015 : « Amazon cause un grand tort aux petits commerçants, qui, eux, paient des impôts« . L’année suivante, il avait déclaré qu’Amazon « aurait des problèmes » s’il était élu président.

Selon lui, un durcissement du régime fiscal d’Amazon serait une bonne chose : « Il y a des propositions qui ont fait leur chemin à la Chambre et au Sénat. Il soutiendrait des efforts de ce genre » a déclaré Raj Shah, secrétaire adjoint à la presse à la Maison Blanche. De la même manière qu’il juge que la poste américaine devrait facturer « bien plus cher » son service de livraison à l’entreprise. « On lui a expliqué dans de nombreuses réunions que sa perception n’était pas exacte et que la poste gagnait même beaucoup d’argent en travaillant pour Amazon« , explique Raj Shah.

Et Facebook ?

Compte tenu de ses précédentes menaces, il est surprenant de constater l’impact colossal du tweet de Trump sur la valorisation boursière de l’entreprise. Un effet qui peut certainement s’expliquer par le climat de méfiance des investisseurs à l’égard des géants de la tech depuis l’affaire de Facebook et Cambridge Analytica.

Une affaire dans laquelle Trump ne prend pas position. Un comportement qui ravive les soupçons de la part des législateurs américains et britanniques pour ses liens présumés avec l’implication russe dans les résultats du vote pour le Brexit et les élections américaines de 2016. Des critiques que Trump ne prend pas en compte, arguant que cette histoire est un canular.