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Après de multiples tergiversations, Valve vient de faire quelques nouvelles annonces concernant son grand projet Steam Machines. Des annonces qui sont, espère-t-il sans doute, autant de nouveaux pas conquérants, en direction de nos salons.

Pour commencer, deux partenaires de l’éditeur, Alienware et CyberPower, vont pouvoir proposer à plus ou moins brèves échéances leurs modèles de PC de salon en précommande. Ces articles arriveront alors chez les acheteurs le 16 octobre prochain, soit quelques semaines avant le lancement officiel des produits Steam Machines en boutiques, qui lui, interviendra le 10 novembre. On notera toutefois que cette opération d’achat anticipé ne concerne pour le moment que l’Amérique du Nord.

L’Alienware Alpha sera donc la première Steam Machine précommandable.

Parallèlement, Valve a également lancé les précommandes des produits qui vont composer son offre d’accessoires et de périphériques hardware : le Steam Controller, qui entend transférer dans un format pad toute l’efficacité d’un bon vieux combo clavier-souris, vous en coûtera ainsi 54,99 €. Et ce sera la même chose pour le Steam Link, ce boîtier qui doit vous permettre de streamer vos jeux en 1080P / 60 Fps depuis n’importe quelle plate-forme Steam, qu’il s’agisse d’un Mac, d’un PC classique, ou d’une Steam Machine. Un pack comprenant les deux produits sera par ailleurs proposé, pour une somme totale de 109,98 €. A l’image de ce qui était précisé plus haut, les utilisateurs qui auront anticipé leurs achats recevront leurs commandes le 16 octobre, tandis que les autres devront patienter jusqu’en novembre.

Le Steam Link disposera de 3 ports USB, 1 port réseau RJ45, et 1 sortie HDMI.

Sur le papier, tout cela paraît évidemment formidable, sauf que plusieurs éléments ne plaident malheureusement pas en faveur de ces offres de précommandes, notamment en ce qui concerne le cas particulier des Steam Machines. En effet, si Valve suit le plan de bataille qu’il a lui-même édicté, ces dernières devraient être livrées avec SteamOS préinstallé. Or, si le système d’exploitation maison de la firme a clairement étoffé son catalogue ces derniers mois, franchissant même la barre des 1.000 jeux compatibles, il n’en reste pas moins très en retard par rapport à la concurrence, que l’on parle des consoles, ou de l’environnement Windows. D’autre part, l’OS en lui-même est encore bien loin de proposer les fonctionnalités multimédia d’une console next-gen ou d’un PC classique, et sachant le prix que l’on risque de débourser pour un produit Steam Machine (entre 500 et plusieurs milliers d’euros selon les modèles), cet argument n’a rien d’anodin.

Le Steam Controller a eu bien du mal à se trouver une forme définitive.

Mais surtout, les Steam Machines risquent de se heurter à la nouvelle problématique à laquelle l’univers PC doit faire face actuellement : celle de l’évolution des spécifications matérielles des jeux. Ces six derniers mois, celles-ci ont largement augmenté, poussées notamment par l’arrivée sur le marché vidéoludique de nombreux titres véritablement next-gen, titres qui profitent à plein des ressources des nouvelles consoles, et qui font donc mécaniquement augmenter les besoins côté PC. Résultat des courses : alors qu’une GeForce GTX 750Ti (soit une carte graphique à 120 €) suffisait à faire tourner en mode Ultra un Batman Arkham Origins à sa sortie, la prochaine itération de la licence (Batman Arkham Knight) ne demandera rien de moins pour tourner dans les mêmes conditions… qu’une GeForce GTX 980 (cette fois, la fourchette de prix est plus entre 550 et 600 €). De fait, les Steam Machines risquent bien de se retrouver dans une impasse commerciale : ou elles seront peu onéreuses, mais très vite dépassées (ce sera par exemple sans doute le cas du modèle Alienware, qui devrait embarquer certes un CPU Core i3 à i7, mais aussi la même puce graphique que la GTX 750 Ti d’entrée de gamme que nous venons de mentionner), ou elles seront relativement performantes, mais hors de prix par rapport à des PS4 et Xbox One dont les fonctionnalités et les catalogues seront autrement plus sexy.

Razer, NVIDIA : une concurrence avec laquelle Valve va devoir compter.

Reste alors le cas du Steam Link et du Steam Controller… Et si cette fois, les produits semblent plus solides dans leur approche, ils n’en arriveront pas moins dans un contexte commercial compliqué, puisque de nombreuses consoles Android abordables devraient également voir le jour d’ici la fin de l’année, comme la Razer Forge TV, ou la NVIDIA Shield TV. On pourrait alors croire que Valve touche au but, avec la concrétisation de son offre commerciale… En vérité, son chemin de croix ne fait sûrement que commencer.