Au XXIe siècle, le consumérisme dans nos sociétés occidentales a pris une telle ampleur, que l’on parle facilement de « surconsommation ». Entre les nouveaux smartphones, ordinateurs, et tablettes, les dernières fringues à la mode, les abonnements à Netflix, Amazon, Spotify, nos forfaits mobiles et Internet, les séances de cinéma, les déjeuners / dîners au restaurant, les sorties au bar ou en boîte, pour beaucoup, le bonheur se trouve au bout de la carte bleue.

Money, get away

Mais à quoi pourrait bien ressembler notre vie si on mettait un coup d’arrêt à nos dépenses, pendant disons, un an ? Voilà, maintenant que les accros de la carte bleue ont fait une syncope, il est temps de vous parler de Michelle McGagh. Cette journalistefreelance, spécialisée dans la finance et adepte des mouvements minimalistes, s’est lancée le défi, le 26 novembre 2015 au lendemain du Black Friday, de vivre pendant 365 jours sans bourse délier. Ou presque.

«Je devais payer mes charges, mon prêt [contracté lors de l’achat d’une maison, ndlr], mes abonnements Internet et téléphonique, mon assurance vie et mes dons aux oeuvres de charité», explique-t-elle sur son blog London Minimalist. Soit un budget mensuel d’environ 2 212 euros, auquel il faut ajouter 160 euros de courses plus le prix des produits hygiéniques de base. Pour le reste, Michelle garde liés les cordons de la bourse.

«En gros, cela voulait dire pas de cinéma, pas de soirées au pub, pas de nouveaux vêtements, pas de vacances, pas d’abonnement à la salle de sport, pas de nourriture à emporter, de restos, ni même de Kit-Kat à la machine ou de café à emporter», raconte la journaliste. «J’ai aussi gelé mon budget transport, je devais me rendre partout à vélo ».

Un an pour tout changer

Au début de son aventure, elle passe un hiver calme avant de profiter des expositions gratuites printanières ainsi que du cinéma en plein air… Puis finit par se raviser : «Je me suis rendu compte que je faisais fausse route. J’essayais de vivre comme avant gratuitement. Il fallait que j’opte pour un style de vie différent».

Dont acte, où elle décide de multiplier les promenades à pied ou en vélo ou les pique-niques. L’été dernier, Michelle visite la côte Est de l’Angleterre avec son mari. Mais pas question de louer une chambre dans un hôtel ou un gîte. Le couple vit littéralement d’amour et d’eau fraîche, alternant entre camping sauvage et baignade en mer.

Une question demeure, Michelle a-t-elle craqué ? Non, ni pendant toute la durée de son challenge (même si elle reconnait que l’absence de certains petits plaisirs pouvait être pesant), ni même à la fin. Pour son retour « à la normale », la journaliste a payé une tournée à ses proches dans un bar, pris un billet d’avion pour rendre visite à son grand-père et s’est offert quelques vêtements, selon une liste préétablie par ses soins.

Son expérience sociale, qu’elle raconte dans le livre The No Spend Year : How I spent less and lived more, lui a permis d’économiser un total de 26 319 euros, et surtout de se conforter dans l’idée que le matérialisme n’était pas synonyme de bonheur.

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