Un jeu de combat de chevaliers avec le casque Morpheus de Sony (Boris Manenti/Le Nouvel Observateur)

Morpheus, le casque révolutionnaire de Sony

A l’occasion de la Gamescom, le « Nouvel Observateur » a pu tester la réalité virtuelle qui arrivera bientôt sur Playstation 4.

S’il y a peu à se mettre sous la dent à la Gamescom de Cologne (Allemagne), le salon dédié au jeu vidéo a toutefois été l’occasion pour Sony de revenir plus en détail sur son casque de réalité virtuelle : le projet Morpheus. « Le Nouvel Observateur » a ainsi pu tester les dernières avancées de cet objet qui demeure encore à l’état de prototype. Récit.

Plongée dans un monde virtuel

Le test du casque Oculus Rift, le concurrent de Morpheus racheté en mars par Facebook pour deux milliards de dollars, m’a laissé le souvenir d’une sensation nouvelle et originale, mais aussi avec une nausée non négligeable… C’est après un repas léger que je m’en vais donc retrouver les équipes de Sony pour découvrir la bête.

Le casque frappe d’abord par son design. Noir et blanc laqués, présence de diodes lumineuses bleutées, logo Playstation bien visible sur le flanc… On est loin du côté artisanal de l’Oculus et de sa mousse.

Même à l’état prototype, le casque japonais s’avère déjà beau comme un produit fini. Néanmoins, l’habit tente de masquer une complexité de réglage. Avant de pouvoir jouer, il faut ajuster le tour de tête et le niveau d’avancement des écrans. La manipulation s’avère délicate, surtout seul.

Une fois enfilé (et réglé), le casque Morpheus propose toutefois une plongée extraordinaire dans un monde virtuel. Tourner la tête à droite et la vision suivra, vers le haut et le regard bougera. Le tout sans aucune latence et avec un naturel impressionnant.

Un jeu de combat de chevaliers avec le casque Morpheus de Sony (Boris Manenti/Le Nouvel Observateur)

Comme sur des montagnes russes

Comme avec l’Oculus, on a véritablement l’impression d’être dans le jeu. La sensation d’espace dans l’environnement virtuel prend tout son sens. Le casque détecte tous les mouvements de tête, et se voit traqué par une caméra reliée à la Playstation 4.

Transformé en chevalier, je fais un pas vers l’avant pour me rapprocher à tâtons de l’armure ennemie, un pas vers l’arrière pour prendre du recul. La manette Move (sorte de télécommande surplombée d’une boule lumineuse) prend alors (enfin ?) tout son intérêt. Elle permet de matérialiser physiquement un objet du jeu. Par exemple, chez les chevaliers, elle sert d’abord d’épée puis d’arbalète. De quoi renforcer d’autant plus l’immersion.

Une autre démonstration propose de s’installer sur un pouf pour une course de street luge illégale sur la route, entre les voitures. Un léger mouvement de tête sur la gauche, et le personnage tourne dans ce sens. Facile ? Pas tout à fait. Propulsé à 80km/h, il devient ardu d’éviter tous les véhicules… Mais l’impression de vitesse est bien là. La sensation s’avère extrêmement jouissive, proche de montagnes russes dans les pentes les plus abruptes.

Un jeu de combat spatial avec le casque Morpheus de Sony (Boris Manenti/Le Nouvel Observateur)

Quelques vertiges

Place ensuite à la simulation spatiale. La manette redevient classique (mieux vaut bien connaître les touches) pour tenter de détruire des vaisseaux ennemis. L’espace n’a alors jamais été si grand. La profondeur offerte par la réalité virtuelle prend tout son sens, procurant au passage une exaltante sensation de liberté et de voyage.

La féérie continue quand je plonge dans de hautes profondeurs sous-marines. Mais soudain notre cage se voit attaquée par un énorme requin. La musique et la liaison radio avec l’équipage s’intensifient et installent une forte pression. Je me prends à sursauter quand l’animal arrache la porte de ma cabine.

Le dernier jeu relève lui de la simulation aérienne. A bord d’un avion, je m’oriente avec un manche et tente de canarder les positions ennemies. Je retrouve les sensations d’un simulateur de vol, les mouvements de chaises en moins. Reste que cette dernière démonstration, principalement à cause de la vitesse de défilement des images, m’a donné quelques vertiges.

Un jeu de simulation aérienne avec le casque Morpheus de Sony (Boris Manenti/Le Nouvel Observateur)

Terrible câble

Au final, après une petite heure de jeu le casque vissé sur la tête, je ne souffre pas du poids, ni sur les cervicales ni sur le nez. Toutefois, un handicap à l’accessoire pointe déjà : le câble.

En effet, Morpheus est relié à la console par un long câble qui passe dans le dos. Et lors du jeu debout, il n’est pas rare de marcher dessus alors même que l’on tente de trancher un dragon ou de vouloir éviter un requin. Ce terrible câble rappelle alors que tout ceci n’est que virtuel.

Gageons qu’avec une sortie anticipée pour la fin 2015, Sony a encore le temps d’imaginer une version sans fil. Quoi qu’il en soit, cet accessoire propose un concept véritablement génial qui pourrait bien bousculer le jeu vidéo tel qu’on le connaît.

Boris Manenti, envoyé spécial à Cologne pour « le Nouvel Observateur »

Un jeu de combat de chevaliers avec le casque Morpheus de Sony (Boris Manenti/Le Nouvel Observateur)