Le 26 novembre la mission Insight atterrira sur Mars. La NASA en profite pour présenter les différentes étapes de l’atterrissage à venir. Autre fait intéressant : la présence d’un sismomètre français à bord pour écouter « les tremblements de Mars ».

Après six mois à voyager dans l’espace, la mission Insight devrait arriver à l’endroit qui lui était assigné, à savoir la planète rouge. Il faudra maintenant que celle-ci atterrisse correctement, la manœuvre étant plutôt délicate. En effet, il ne faut pas oublier que bien que cela soit automatisé, c’est à des dizaines de millions de kilomètres que cela se passe.

Une mission Insight prochainement sur Mars

En effet, il y a un processus bien particulier qui se produit lorsque l’on arrive sur Mars et plus particulièrement dans l’atmosphère : la décélération d’un véhicule peut atteindre 20 000 km/h en l’espace d’une dizaine de minutes.

D’où la nécessité de maîtriser au mieux ce court délai. Pour cela, la Nasa a présenté un planning des opérations. C’est notamment à 20h40 que l’on devrait assister à la séparation de l’étage du vaisseau ayant transporté la mission vers Mars.

Et c’est à 20h47 que l’entrée atmosphérique se produira à environ 19800 km/h. Cela correspondra au début de la phase d’entrée, de descente et d’atterrissage. Toute devrait être finalisé à 20h53, avec la première acquisition du signal radar. L’atterrissage effectif à la surface de Mars est prévu à 20h54.

Un sismomètre français à bord, pour quelle utilité ?

Autre fait notable à noter pour ce qui concerne la mission Insight : elle embarque un instrument scientifique déterminant, un sismomètre, SEIS. Celui-ci a été construit sous la responsabilité de l’agence spatiale française, le CNES. Cet appareil devrait être en mesure de détecter à partir de l’année prochaine les premiers tremblements de Mars.

Ces données sismiques serviront à comprendre la structure interne de la planète, notamment quelle est la composition du manteau, l’épaisseur de la croûte ou bien encore si on y retrouve un cœur liquide ou solide. Au final, cela permettra de savoir ce qui distingue Mars de notre Terre.

Tout savoir sur la mission Insight, une vidéo de plus de 2 heures de la Cité de l’Espace

À l’instar de toutes autres sondes devant se poser sur Mars, Insight vivra elle aussi ses 7 minutes de terreur. Lancée le 5 mai 2018 depuis la base de Vandenberg grâce à une fusée Atlas V 401, InSight est maintenant en approche de la planète rouge et réalisera sa rentrée atmosphérique et son atterrissage le 26 novembre, à partir de 20 h 47 UTC+01:00.

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© NASA/JPL-Caltech

7 minutes de terreur pour rejoindre Elysium Planitia

InSight est censée se poser sur un site appelé la plaine d’Elysium, une zone choisie notamment pour sa faible altitude, son sol lisse et dégagé, ainsi que sa position équatoriale qui lui permettra de profiter d’un ensoleillement maximum pour alimenter ses panneaux solaires. Seulement, avant d’en arriver là et de crier victoire, le lander de la NASA devra vivre 7 minutes d’inconnu, comme Curiosity avant lui, ou le regretté Schiaparelli, module de l’ESA qui s’est écrasé sur le sol martien en octobre 2016.

Pourquoi utiliser cette expression et surtout pourquoi est-elle avérée ?

C’est très simple : InSight devra passer d’une vitesse de 20 000 kilomètres par heure à zéro, en seulement 7 minutes ! Une véritable prouesse quand on sait à quel point la tâche est difficile.

L’entrée atmosphérique de la sonde, qui débute à une altitude de 143 km, se fera à la vitesse incroyable de 20 000 km/h, soit plus de 5,5 km/s. C’est la phase hypersonique, durant laquelle InSight devra décélérer de près de 18 000 km/h avant de déclencher son parachute de 12 mètres de diamètre à une altitude de 13 km.

Le déploiement du parachute ainsi que le largage du bouclier thermique doivent ralentir le lander à une vitesse de 485 km/h. Le train d’atterrissage sera ensuite déployé alors que le parachute sera largué à 1,3 km du sol, InSight passera alors de 250 km/h à une vitesse constante d’environ 8 km/h pour un atterrissage en douceur.

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Déroulement de l’atterissage d’InSight © NASA/JPL

Des conditions d’atterrissage bien différentes de celles de la Terre

Rappelons que Mars possède une densité atmosphérique bien moindre que celle de la Terre, le freinage par le biais de la friction est par conséquent beaucoup moins efficace. C’est d’ailleurs pour cette raison que les sites d’atterrissages sélectionnés sont toujours sous le niveau zéro. Cela permet de laisser un laps de temps supplémentaire à la sonde pour freiner. Si la sonde Phoenix, qui s’est posée en 2008 sur Mars, a atterri sur un site relativement profond (à une altitude de -4 km), Elysium Planitia, le site choisi pour poser InSight, offre une hauteur de -2,5 kilomètres.

Pour en savoir plus sur le déroulement de la mission InSight, rendez-vous sur le site de la NASA.