Rachetée 16 milliards de dollars par Facebook en 2014, l’application de messagerie chiffrée WhatsApp a rendu ses créateurs riches à millions. Aujourd’hui, Brian Acton, qui a quitté Facebook, en début d’année suggère de supprimer l’application.

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#DeleteFacebook c’est le hashtag lancé en marge des révélations sur Cambridge Analytica, cette société accusée d’avoir siphonné les données personnelles 50 millions d’utilisateurs, sans l’accord de Facebook, pour aider l’équipe de campagne de Donald Trump lors des présidentiels US.

Si le réseau social a très vite dénoncé une « violation inacceptable » de l’engagement et de la confiance de son partenaire d’affaires, l’action de Menlo Park n’en a pas moins dégringolé en bourse, le hashtag #deleteFacebook fleurissant du même coup sur les réseaux sociaux.

Mais la surprise est venue d’ailleurs, Brian Acton, co-fondateur avec Jan Koum de l’application Whatsapp, a également partagé le hashtag sur Twitter précédé d’un prophétique : « It’s time. » (« Il est temps »).

 

Multimilliardaire, depuis le rachat de WhatsApp par le réseau social en 2014, Acton a quitté le navire Facebook en début d’année pour monter sa propre fondation. N’ayant plus de devoir de réserve envers la plateforme, Acton libère désormais sa parole.

Est-ce qu’il range WhatsApp dans le même panier ? Il faudrait lui demander, car l’application au milliard d’utilisateurs s’est récemment fait épingler par les CNIL européennes (le G29) pour avoir transféré les données de ses utilisateurs à la maison mère, sans leur consentement.

En outre, Acton a investi quelque 50 millions de dollars dans l’application concurrente Signal le mois dernier. La Signal Foundation, dont il est désormais directeur exécutif, lui doit son existence.

« Alors que de plus en plus de nos vies se produisent en ligne, la protection des données et la vie privée sont essentielles », déclarait alors Brian Acton. « Tout le monde mérite d’être protégé. Nous avons créé la Fondation Signal en réponse à ce besoin mondial. Notre plan est de créer un nouveau modèle de technologie à but non lucratif axé sur la vie privée et la protection des données pour tout le monde, partout. »

Une déclaration qui trouve un écho certain aujourd’hui. Du côté de Facebook, c’est la déconfiture : son responsable de la sécurité, le respecté Alex Stamos, serait sur le départ après des désaccords sur le dossier de l’ingérence russe, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a demandé à Mark Zuckerberg de venir s’expliquer sur l’affaire Cambridge Analytica et plusieurs enquêtes sont lancées aux États-Unis par les procureurs de New York et du Massachusetts, ainsi que la Federal Trade Commission (FTC), le régulateur américain du commerce, concernant la gestion des données personnelles des utilisateurs du réseau social.

 

« Facebook a besoin de clarifier devant les représentants de 500 millions d’Européens le fait que les données personnelles ne sont pas exploitées pour manipuler la démocratie. »

Facebook de son côté se défend bec et ongle et se dit « indigné » d’avoir été trompé.