Sausage Party a beaucoup fait parler de lui à sa sortie, il y a deux semaines, en France. Plusieurs associations revendiquaient le fait que « Sausage Party » n’était en réalité qu’une, je cite, « partouze géante à voir en famille » où l’on peut voir des scènes obscènes à plusieurs reprises et entendre durant une grande partie du long-métrage des mots vulgaires à connotation sexuelle ».

Des avocats ou des maîtres ?

Hier donc, dans la salle d’audience numéro trois du Tribunal de Paris, des représentants des associations ainsi que du film tentaient de dialoguer afin de démêler le vrai du faux dans cette histoire. L’AFP, qui était présente durant l’audience, relaye ainsi des dialogues complètements hallucinants qui ont été tenus durant la séance. Quelques exemples :

« Maître, sauf erreur, la bande-annonce contient la scène très violente d’épluchage de légumes que vous venez d’évoquer. »

Réponse d’un des avocats ? « Oui, mais pas celle de la partouze finale. »

Ce qui est principalement mis en cause, c’est le fait que Sausage Party reprenne volontairement « le ton, les expressions de visage, les intonations de Pixar » et fasse donc penser qu’il s’agit d’un film animé pour enfants.

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On entend également l’un des représentants de l’association parler « d’une orgie sidérante entre scènes de fellation, de sodomisation (sic) […] où l’on voit un paquet de corn-flakes – un objet assez corpulent – assénant des mouvements de va-et-vient brutaux et demandant : ‘Tu aimes ça salope ?’ »

L’avocat d’Action pour la dignité humaine continue en expliquant : « On va tenter de relativiser, ce n’est qu’une brique de jus de fruits, on montre ça sous un jour très rigolo… » mais elle sera repris par l’un des avocats qui affirme, par exemple, que l’on peut voir dans ce film « une poire vaginale qui cherche à tout prix un cul, car, nous dit-on, elle est faite pour ça »

Maître Jacques Molinié, avocat du ministère de la Culture rétorquera alors :

L’un des buts du film est de critiquer sur un mode humoristique la société de consommation, la religion aussi en prend pour son grade, mais il ne s’agit pas d’inciter à la violence [….]. Oui, le langage est cru mais regardez les protagonistes. Il n’y a pas de représentation de sexe, juste une activité sexuelle. [Le ton] est celui du grotesque, déjanté, et permet de prendre de la distance, tout ce qui est montré n’est pas réaliste.

Le juge doit rendre, dans la journée, son verdict concernant l’autorisation, ou non, du film à continuer d’être projeté dans les salles françaises dans des conditions similaires.

edit : le tribunal a décidé de donner raison au film Sausage Party qui ne sera pas suspendu et gardera son interdiction pour les spectateurs de moins de 12 ans.