Des médias américains ont dévoilé ce matin qu’une faille majeure touchant la grande majorité des processeurs Intel sortis depuis ces 10 dernières années ne pourra pas être corrigée directement par le constructeur américain. Pour assurer la sécurité des utilisateurs et des data center, les éditeurs de système d’exploitation — Microsoft, Linux ou Apple, pour ne citer qu’eux — vont déployer dans les jours à venir des correctifs de sécurité sur leurs OS. Problème, ces mises à jour pourraient ralentir les performances des ordinateurs de 5 à 30 % suivant l’âge de la machine.

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Un processeur Intel Core 2 Duo E7300. Crédit image : William Hook via Flickr

Le très sérieux site américain The Register rapporte ce matin que les processeurs Intel sortis durant la dernière décennie sont victimes d’une erreur de conception, une faille de design. Les informations concernant cette faille sont encore tenues sous embargo et devraient être révélées dans les prochaines heures. Selon les premières informations glanées par The Register, cette faille pourrait permettre à des hackers malentionnés de lire la mémoire du kernel du PC attaqué.

Une chose est aujourd’hui certaine : Intel est dans l’impossibilité de corriger lui-même cette faille. Pour préserver la sécurité des utilisateurs, ce sont les éditeurs de système d’exploitation qui vont devoir mettre à jour le noyau de leur OS.

Un correctif qui va ralentir les ordinateurs

Et c’est bien là le problème : il s’avère que cette mise à jour des systèmes d’exploitation pourrait ralentir les performances du CPU de 5 à 30 % selon l’âge de la machine. Linux a déjà eu droit à un patch et celui pour Windows devrait arriver la semaine prochaine. Apple, de son côté, n’a pas encore officiellement réagi. On ne sait pas encore dans quelle mesure les ordinateurs concernés seront ralentis. L’attention se porte désormais sur Intel, qui devrait détailler dans les prochains jours les conséquences de la correction de cette faille sur les performances de ses puces.

Les conséquences risquent d’être nombreuses et douloureuses. Outre les particuliers, dont certain vont voir les performances de leurs machines baisser d’un tier, ce sont également les data center qui vont être touchés. La grande majorité d’entre eux tournent en effet à l’aide de processeur Intel. Il est tout à fait possible que les services en ligne ou dans le Cloud soient ralentis ou moins performants dans les prochains jours.

Les processeurs AMD ne sont pas touchés, du moins directement

Dans quelle mesure ? Pour l’instant, il est impossible de le savoir. Intel a prévenu tous ses partenaires afin de leur permettre de prendre les mesures nécessaires, mais les a placés sous embargo. Il faudra attendre sa levée pour avoir une idée plus précise de ses conséquences directes. Ce qui n’est jamais de bon augure.

À noter pour finir que les processeurs AMD ne sont pas concernés directement par cette faille. Mais, indirectement, on ne sait pas encore si les patchs du noyau des OS vont avoir, ou non, un impact sur leurs performances (les premiers benchmarks sous Linux semblent toutefois le confirmer). Autant dire qu’on devrait encore beaucoup entendre parler de cette affaire dans les prochains jours.