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Mark Zuckerberg n’a pas apprécié la remarque « désinvolte » de Tim Cook sur Facebook. Les points de vue du patron du réseau social et celui de la firme de Cupertino se heurtent par interviews croisées, avec en toile de fond l’affaire Cambridge Analytica.

Que ferait Tim Cook s’il se trouvait en ce moment à la place de Mark Zuckerberg ? Une chose est sûre, il ne vivrait pas la tempête médiatique qui s’abat actuellement sur le patron de Facebook. C’est ce qu’il a lâché le 28 mars dernier, alors qu’il était interrogé sur la manière dont le réseau social gère l’affaire Cambridge Analytica.

« Je ne serais pas dans cette situation », a-t-il déclaré. Le patron d’Apple avait déjà pris la parole quelques jours plus tôt en suggérant, alors qu’il était en déplacement en Chine, un durcissement des règles appliquées aux plateformes qui recueillent des données personnelles de leurs usagers pour que leur vie privée soit mieux protégée dans l’espace numérique.

Les propos de Tim Cook ont déclenché une réponse du fondateur de Facebook qui, dans une interview accordée à Vox, a estimé que la remarque du CEO de la firme de Cupertino n’était pas justifiée. Ces échanges offrent un contraste saisissant avec l’époque où Steve Jobs, le fondateur d’Apple, délivrait ses conseils à Mark Zuckerberg — mais Facebook n’était pas aussi imposant qu’aujourd’hui.

Les hostilités semblent donc clairement ouvertes entre les deux chefs d’entreprise, celui de Facebook n’appréciant pas ces critiques voilées adressées au réseau social, alors que son contradicteur a pointé les différences entre les deux modèles d’affaires. « La vérité est que nous pourrions retirer beaucoup d’argent si nous choisissions de monétiser nos clients — si notre client était notre produit. Nous avons choisi de ne pas faire cela », a déclaré Tim Cook.

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CC Flickr Fortune Global Forum Un argument « désinvolte »

Face à Tim Cook qui argumente — sans surprise — que le choix de monétiser des produits est préférable à celui de « monétiser des clients », Mark Zuckerberg balaye ce raisonnement d’un revers de main. « Vous savez, je trouve que cet argument, que si vous ne payez pas cela d’une manière ou d’une autre nous ne pouvons pas nous soucier de vous, est extrêmement désinvolte et n’est absolument pas en phase avec la vérité », rétorque le fondateur du réseau social.

Mark Zuckerberg considère pour sa part que Facebook reste un service gratuit, car il connecte ses utilisateurs, et que nombre d’entre eux ne pourraient pas payer pour ce type de plateforme si elle était payante. « Avoir un modèle basé sur la publicité est le seul modèle rationnel qui peut assurer la construction de ce service », assure-t-il.

« Un modèle basé sur la publicité est le seul modèle rationnel »

Le fondateur de Facebook poursuit son propos en s’attaquant au prix des produits vendus par Apple — à l’image de ses iPhone se vendent désormais moins nombreux, mais plus cher.

« Si vous voulez construire un service qui ne soit pas seulement pour les riches, alors vous devez proposer quelque chose que les gens peuvent se permettre. Sur Facebook, nous sommes dans le camp des entreprises qui travaillent dur, pour vous faire payer moins et fournir un service que tout le monde peut utiliser. Je ne crois pas que cela signifie que nous ne nous soucions pas des gens », assène Mark Zuckerberg.

La guéguerre entre les deux dirigeants va-t-elle encore se poursuivre longtemps par interviews interposées ? Mark Zuckerberg a peut-être un avantage sur son homologue dans cette rivalité : aux dernières nouvelles, il serait en effet le CEO le plus apprécié des Américains.