russie

La Russie pourrait temporairement se déconnecter du réseau Internet mondial pour mener un test relatif à sa cyberdéfense.

En 2019, la cybersécurité est en enjeu majeur pour toute puissance mondiale. Voilà pourquoi la Russie envisage de se débrancher de l’Internet mondial le temps d’un test expérimental de ses cyberdéfenses. Les données échangées durant l’opération entre citoyens et organisations russes resteront à l’intérieur du pays, et ne transiteront pas via des ports et serveurs internationaux.

Les FAI russes doivent être en capacité de réagir en cas d’assaut

Le test, qui devrait avoir lieu avant le 1er avril 2019 selon la BBC, entre dans le cadre du plan d’indépendance du Net que le Kremlin veut mettre en place. Le projet de loi, présenté l’an dernier et soutenu par Vladimir Poutine, requiert des modifications techniques qui sont nécessaires pour que le gouvernement puisse maîtriser son espace internet.

Le projet demande aux fournisseurs d’accès à Internet locaux de garantir leur capacité à fonctionner dans le cas où le pays serait victime d’assautsde puissances étrangères visant à l’isoler, en le mettant hors ligne. Le texte prévoit ainsi que la Russie érige sa propre version du système d’adresse du réseau, appelé DNS, de façon à pouvoir fonctionner si les liens vers les serveurs situés à l’étranger venaient à être rompus. Aujourd’hui, 12 organisations supervisent les serveurs racine du DNS et aucune d’entre elle ne se trouverait en Russie.

Des points de routage situés en Russie pour permettre un fonctionnement autonome

Le test prévu est censé permettre aux FAI de diriger le trafic vers un point d’échange contrôlé par le gouvernement et situé sur son territoire. Cela implique que les données échangées entre Russes atteindront leur destination et que celles destinées à des ordinateurs situés en dehors du pays seront supprimées.

Si les fournisseurs d’accès locaux soutiennent les objectifs du projet du loi, certains craignent que la méthode n’entraîne une perturbation majeure du trafic internet russe. Le gouvernement a donc versé de l’argent supplémentaire aux FAI pour leur permettre de modifier leur infrastructure, dans le but que le test soit un succès.

La Russie veut écarter la menace de l’OTAN

Tout comme l’Iran et la Corée du Nord, la Russie est accusée d’avoir mené des attaques informatiques. Les pays de l’OTAN ont ainsi annoncé à plusieurs reprises réfléchir à une réponse ferme en matière de cyberattaque et menacent de sanctionner le pays des tsars pour de potentielles ingérences en ligne, dont la Russie est accusée d’être l’instigatrice.

En 2017, les autorités russes avaient annoncé vouloir acheminer localement 95 % du trafic d’ici 2020. Le système ressemble à celui mis en place en Chine, où l’on tente d’éliminer le trafic interdit en ayant un contrôle de ses points de routage. C’est ce que veut faire la Russie, en utilisant des filtres sur certains mots-clés et sites en ligne, ou en redirigeant le trafic.